Robert Badinter : "Nous sommes dans une période sombre pour notre justice" (Le Monde)
Robert Badinter qui s'était déjà élevé contre le projet de loi créant la "rétention de sûreté" dans notre droit pénal (voir La prison après la peine) donne son point de vue sur la dernière demande du chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy a demandé, vendredi 22 février,
au premier président de la Cour de cassation de lui faire des
"propositions" pour que la rétention de sûreté des criminels dangereux
à leur sortie de prison s'applique immédiatement. Le Conseil
constitutionnel avait pourtant censuré une telle application, jeudi.
Qu'en pensez-vous ?
Il est singulier de demander au plus haut magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel, dont le respect s'impose à toutes les autorités de la République selon la Constitution elle-même. Si le président entend passer outre la décision du Conseil, une voie lui est ouverte : demander au Parlement la révision de la Constitution. Rendez-vous au Congrès !
Comment interprétez-vous la décision du Conseil constitutionnel ?
Le Conseil constitutionnel a admis la conformité à la Constitution de la rétention de sûreté. Mais, dans le même temps, tout en disant que ce n'est pas une peine, il la traite comme telle, en déclarant qu'elle ne peut être rétroactive. En pratique, le système ne sera pas applicable avant quinze ans. Et même après, sa mise en oeuvre risque d'être problématique. (...)
Lire la suite de l'interview de Robert Badinter sur le site Le Monde.fr
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