Un témoignage de Paul Cozigon, militant à la section PS de Puteaux (92), ancien secrétaire de section à Haïti, membre du secrétariat international du PS.
Un prêtre français, en Haïti depuis 40 ans, disait : "Quand on est en Haïti depuis 3 semaines, on a envie d'écrire un livre, quand on y reste 3 mois, un article semble suffire ; passé 3 ans, on ne sait plus par où commencer".
Je connais ce pays depuis 40 ans, j’y ai vécu 5 ans, j’y retourne régulièrement et j’ai du mal à raconter. Ceux qui pensent ou disent : " yaka, faukon…." peuvent passer leur chemin, ils ne comprendront jamais rien à Haïti ; c’est une histoire originale et difficile, une culture riche dans un pays pauvre, un peuple fataliste mais volontaire, des gens attachants mais épuisants, si proches et en même temps si lointains; on le voit, ce sont d’abord par des contradictions qu’il faut appréhender ce pays.
C’est parce qu’en 1969, j’ai rencontré des réfugiés politiques, exilés par Duvalier Père, que mon histoire et des amitiés ont commencé avec Haïti ; cette histoire est secondaire, mais elle m’a permis de partager des moments importants de la vie de ce pays, notamment entre 1986 et 1991, grâce à mon implication dans la vie politique haïtienne , puis ensuite dans des allers-retours fréquents pour continuer à aider nos partenaires politiques, dans la recherche des voies démocratiques.
Aujourd’hui, j’ai perdu des amis dans cette catastrophe, plus que cela, des amis militants qui ont risqué leur vie à se battre pour leur pays et qui ont fini écrasés par leur maison ou leur université alors que la lutte pour la démocratie, quelle qu’en soit la figure, est loin d’être terminée.(...)
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