François Hollande a tenu son premier grand meeting breton à Brest le 30 janvier, devant 3500 personnes. Il a profité de cette occasion pour développer ses propositions et revenir sur le discours de Nicolas Sarkozy la veille.
(...) Alors je vous le dis, il n’y aura pas d’excuse, il n’y aura pas de justification. Ce ne sera pas « la faute à pas de chance » ! Il nous dira qu’il a changé, que les circonstances l’ont changé, que la crise l’a changé. Eh bien je vous le dis, ce qu’il faut ce n’est pas qu’il change, c’est changer de président de la République !
Mais hier soir, voilà qu’il était dans une fuite en avant. Pour ne pas évoquer le bilan, il annonçait des décisions qui ne pouvaient pas attendre. Rendez-vous compte, la TVA ! Ce projet existe depuis 2007. Il avait été énoncé, maladroitement, par un ministre de l’Economie et des Finances, et confirmé par le Premier ministre, celui qui est encore en place aujourd’hui. C’était l’idée d’une TVA qui devait se substituer à des cotisations sur le travail. Les élections législatives étant intervenues, le second tour ayant permis à la Gauche de gagner davantage de sièges qu’il était attendu, cette réforme a été mise de côté. La voilà qui ressort, là, à quelques semaines de l’élection présidentielle, avec l’idée que ce serait bon pour la compétitivité du pays.
Mais qui peut le croire ? Qui peut croire qu’en diminuant les cotisations sociales de 12 ou 13 milliards d’euros, d’un seul coup les entreprises françaises pourraient exporter, que l’on importerait moins, et que nous aurions immédiatement des créations d’emplois dans l’industrie ? Alors même que ces baisses de cotisations vont être sur toutes les entreprises, qu’elles soient exposées à la concurrence ou qu’elles soient des entreprises de services qui ne sont en aucune façon menacées par je ne sais quelle compétition !
En fait, tout cela est une improvisation pour nous faire supporter quoi donc ? Un plan de rigueur supplémentaire. Parce qu’augmenter la TVA de 1,6 point ne changera rien à l’état de notre économie mais affaiblira encore la croissance, la consommation, et sera une mesure injuste de plus, parce que cela frappera l’ensemble des ménages. Comment l’admettre ? J’ai entendu l’explication — il fallait suivre hier ! On nous annonçait que la TVA serait décidée tout de suite, mais ne serait appliquée qu’au mois d’octobre. Allez comprendre ! Mais il nous était dit aussi que cela n’aurait aucune répercussion sur les prix, mais qu’en même temps c’était bien que soit au mois d’octobre parce que les Français allaient consommer jusqu’au mois d’octobre de peur que les prix augmentent !
Mais la meilleure façon que cela ne se produise pas au mois d’octobre, je vais vous dire : ce qu’il faut faire, c’est de voter pour le candidat qui sera celui du changement en 2012 ! (...)
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